Une oeuvre architecturale unique

Le Mémorial est dissimulé symboliquement dans la montagne, à l'image des hommes et des femmes qui se sont réfugiés dans la clandestinité. On peut voir en cet édifice l'évocation d'une "forteresse imprenable" permettant d'entretenir le souvenir des événements qui se sont déroulés dans le temps.

Un nouveau parcours de visite extérieur sur l'architecture du bâtiment jalonne l'escalier menant à l'accueil du Mémorial.


  • Un site d'implantation stratégique

Le lieu d’implantation où devait être érigé le Mémorial a fait l’objet de vifs débats. 
Finalement, c’est le site situé au dessous du col de La Chau, à 1300m d’altitude, qui fut choisi. 

Cette implantation en hauteur, au coeur du Parc Naturel Régional du Vercors, est un choix stratégique : l’édifice offre une perspective panoramique sur le village de 
Vassieux-en-Vercors, détruit en 1944, et sur une grande partie du massif qui fut le théâtre des combats. Il est le symbole d’un espace de clandestinité insi qu’un lieu où le «guetteur» se sent protégé.

En outre, il se situe à mi-chemin entre le village de Vassieux et l’un des camps de 
maquisards du Vercors, le camps n°6.


  • Le concours

Le concours d’architecture est lancé le 18 décembre 1992. 

Cinq dossiers sont sélectionnés : trois équipes parisiennes et deux équipes locales.
- Le Cabinet C Parents (Paris)
- L’équipe Fabre et Speller Architectes (Paris, Clermont-Ferrand)
- L’Atelier Kneuzé, Gauvin, Quoniam (Paris)
- L’équipe Chapuis et Royer Architecte (Grenoble)
- Le Groupe 6 (Grenoble). 

Un grand oral se déroule le 26 février 1993 au Conseil Général de la Drôme. 

C’est le Groupe 6 qui remporte le concours.

 


  • La philosophie du projet

Les architectes (Olivier Félix-Faure, Jean-Marc Pigeon, Sonia Doucerain, Françoise Ferley), qui remportent le concours d’architecture lancé le 18 décembre 1992, refusent toute idée de 
monumentalité. Dès sa première visite sur le site, Olivier Félix-Faure inscrit dans son carnet les mots suivants : «Ceci n’est pas un monument».Cette réflexion, en complète opposition avec les propositions des autres participants au concours, va être poussée à son extrême pour que triomphe le caractère minimaliste et anti-monumental de l’édifice, au point qu’il fasse corps avec le paysage. La forme courbe respectant les courbes de
niveau, la couleur grise du béton qui rappelle le calcaire constituant le massif du Vercors et les toitures végétalisées fondent le Mémorial dans la montagne. Les «veilleurs», seuls éléments 
verticaux de l’architecture, veillent sur la mémoire des Résistants.

 


  • Le chantier : un défi technique

Après l’obtention du concours, les études, devant être achevées pour le mois de mai 1993, 
s’enchaînent rapidement. Mais de premières difficultés apparaissent entre les architectes et les responsables de la muséographie, l’entreprise Apprendre à voir. Les uns souhaitent rester dans 
un traitement intérieur sobre, les autres préfèrent privilégier la grandiloquence.

Des problèmes de financement voient également le jour, et obligent à une réduction drastique 
des coûts.

La mauvaise qualité du terrain et un sol hétérogène engendrent des surcoûts et retardent 
considérablement le chantier.

Les travaux ne commencent qu’en octobre 1993. Le climat hivernal met la construction à rude épreuve : le chantier est enseveli sous la neige à deux reprises et le froid rend difficile la coulée 
du béton.

Malgré tout, l’ouvrage sera réalisé en 9 mois.